Amiante : les principales recommandations de la HAS
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* Repérer en amont l’exposition à l’amiante. Dans son rapport, la Commission d’audition préconise un repérage plus efficace de l’exposition à l’amiante préalable au dépistage des pathologies pouvant être entraînées par cette exposition.
Ce repérage devra être fait par le médecin du travail durant une visite médicale du travail de fin de carrière. En l’absence de dispositif efficace de repérage des expositions préalablement à la cessation d’activité, une information des nouveaux retraités sur les risques liés à l’amiante et sur les dispositifs de prise en charge existant devra être faite par le caisses d’assurance-maladie de tous les régimes. Un questionnaire de fin de carrière sera envoyé aux nouveaux retraités afin de repérer les personnes concernées par le suivi post-professionnel.
C’est ce type de démarche qui avait été expérimenté dans quatre régions pilote : les deux Normandie, l’Aquitaine et Rhône-Alpes (incluant aussi la Saône-et-Loire).
* Un dépistage « éclairé et accompagné ». Le dépistage des pathologies liées à l’amiante n’aurait pas, à ce jour, de bénéfice médical démontré. C’est ce que constate la commission d’audition. Un constat pas forcément partagé par tout le monde.
« Il a en revanche un bénéfice social individuel et collectif avéré », reconnaît la Commission d’audition réunie par la HAS. Aussi est-il recommandé que soit proposé un dépistage des pathologies liées à l’amiante aux personnes ayant été exposées de manière active pendant plus d’un an.
Il devra se faire dans un cadre éclairé, c’est-à-dire que le sujet devra avoir reçu toutes les informations nécessaires sur les risques encourus et les bénéfices attendus lui permettant de décider librement de bénéficier ou non du dépistage proposé. De plus, un accompagnement médical voire psychologique et médico-légal devra également être mis en place si besoin.
* Le scanner thoracique reconnu comme examen de référence. La Commission d’audition, grâce à la revue de littérature ainsi qu’aux recherches exposées durant l’audition publique a conclu que l’examen tomodensitométrique (TDM) thoracique est l’examen recommandé pour le dépistage des pathologies liées à l’amiante (les plus fréquentes étant les plaques pleurales).
* Un scanner tous les 5 ans en cas d’exposition soutenue ; tous les dix ans autrement. Cette périodicité peut être revue, notamment si la personne ressent des troubles pulmonaires entre deux examens.
* Pour finir, toutes les recommandations issues de ce rapport devront être actualisées au maximum d’ici 5 ans. Et plus particulièrement, elles pourront être actualisées à la suite des résultats des recherches sur le dépistage du cancer du poumon.
Les régions pilotes pré-citées, qui avaient réuni une cohorte que quelque 7 000 personnes, devraient également poursuivre leurs travaux et revoir les personnes qui avaient répondu aux questionnaires diffusés.
Le suivi de cette cohorte devrait permettre d’affiner les recommandations en terme de périodicité du scanner. Il est probable que 5 ans est un délai trop long dans nombre de cas. De ce point de vue, les résultats d’une vaste étude entreprise aux Etas-Unis devraient aussi, prochainement, être éclairants.
[12.05.10]
Anne-Marie Boulet