Aubagne : un nouveau souffle pour l’hôpital
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Le 24 avril dernier, à Aubagne, la Rencontre organisée par le Comité Agir pour l’hôpital d’Aubagne a permis de débattre de la loi Hôpital patient santé territoires (Hpst) et de ses conséquences pour le système de soins mais surtout de brosser une esquisse des perspectives de développement qui s’offrent à l’Hôpital d’Aubagne.
Comment protéger et développer l’hôpital – et plus particulièrement celui d’Aubagne - face aux conséquences de l’application de la loi Bachelot (Hpst) ?
C’est en substance la question que se sont posée les nombreux participants d’une rencontre qui constitue une étape de plus dans la “(re)construction” de cet hôpital public. La présentation qu’a faite le Professeur Bernard Granger, représentant le Mouvement de défense de l’hôpital public, de cette loi a permis d’en cerner les dangers : suppression des services au profit de "pôles”, gouvernance hyper centralisée des hôpitaux, accent mis sur les aspects budgétaires et financiers, réduction des dépenses publiques, redistribution aux cliniques privées, “supers” pouvoirs octroyés aux agences régionales de santé : autant de mesures dénoncées également par Françoise Nay, vice-présidente de la coordination nationale des comités de défense des maternités et hôpitaux de proximité. La tarification à l’activité et ses effets délétères ont été largement commentés : “Remercier les services qui font des bénéfices et punir ceux qui n’en gagnent pas c’est absurde, a pointé le Docteur Luc Terramorsi, délégué départemental de l’association des médecins urgentistes de France (Amuf).”
“L’hôpital manque de ressources, celles qui lui sont affectées par la loi de financement de la sécurité sociale sont insuffisants, a ajouté Serge Jacquet, président de la Mutuelle de France-sud [1] en réclamant “une véritable politique de santé égalitaire pour tous” tandis que Nicole Allais présidente du Grand Conseil de la Mutualité pointait que les soins n’étaient facilités qu’à ceux qui étaient en mesure de les payer et qu’un vrai désespoir de la santé se profilait aujourd’hui en France.
Développer une offre de soins
En dépit de la logique de rentabilité qui semble prévaloir désormais dans l’organisation de la santé, l’hôpital d’Aubagne entend développer son offre de soins tandis que la démarche qu’ont adoptés ses défenseurs a été saluée : ici, comme l’a rappelé Daniel Fontaine, maire d’Aubagne et président du Conseil d’administration de l’hôpital, “on a voté contre le budget et refusé le redressement” ; personnel et usagers ont été totalement associés à un combat qui commence à porter ses fruits puisque le Dr Claude Marblé, président de la commission médicale d’établissement, a pu présenter le projet médical et social d’établissement qui sera bientôt remis à l’Ars.
“Notre objectif est de développer des activités polyvalentes de qualité avec l’évolution du pôle Mère-enfant, la construction d’une unité de néo-natologie, le développement de la réanimation, le développement de la chirurgie ambulatoire (avec le pôle Chirurgie ambulatoire réanimation kinésithérapie dit Lark), la mise en place de consultations pluridisciplinaires Orl/ophtalmo/gériatrie”.
Sans oublier le volet social qui met l’accent sur l’accès aux soins pour tous et la mise en œuvre de bonnes conditions de travail pour le personnel. Par ailleurs, des partenariats avec des établissements de santé voisins ou des médecins de ville sont envisagés. En somme, c’est un nouveau départ qui se dessine pour l’hôpital d’Aubagne.
[18.05.10]
Françoise Essayan-Donadio
[1] qui participe activement depuis le début au combat mené par le Collectif Agir pour l’Hôpital d’Aubagne