Dossier
De l’éthique dans l’économique
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Les produits estampillés commerce équitable
ont été créés avec l’objectif d’assurer aux producteurs pauvres ou précarisés une rémunération décente.
Limitées, il y a une dizaine d’années, à quelques magasins comme Artisans du monde, pionniers en la matière, les enseignes se réclamant du commerce équitable se multiplient. Même les super- et hypermarchés s’y sont mis, conscients que les consommateurs sont de plus en plus attentifs à « permettre aux producteurs et aux consommateurs de vivre leur dignité et leur autonomie en retrouvant la maîtrise et le sens de leurs actes », selon la formule de la charte de la Plate-forme du commerce équitable (Pfce).
L’objectif de solidarité est clairement affirmé dans le commerce équitable. Il s’agit de rééquilibrer les richesses par une plus juste rémunération des producteurs et du distributeur, initialement ceux, pauvres, du Sud, et maintenant tous les petits producteurs précarisés, où qu’ils se trouvent.
Aujourd’hui s’ajoute à cet objectif une dimension supplémentaire, exprimée par le président de la Pfce, Georges d’Andlau, celle de « voir les acteurs du commerce équitable se saisir pleinement des enjeux environnementaux ».
Des repères parfois confus
Mais les consommateurs, selon une étude menée en 2007 par le ministère des Affaires étrangères, sont méfiants. En particulier à l’égard des grandes surfaces. S’ils sont conscients de l’importance de ces débouchés pour les producteurs, ils ne se font pas d’illusions sur les motivations strictement commerciales qui poussent les grandes surfaces à investir ce domaine, et ils souhaitent, rapporte l’étude, que « ces distributeurs prennent une marge moins importante sur les produits du commerce équitable » que sur les autres.
Un vœu difficile à exaucer si on en juge par les déboires de certains réseaux équitables avec la grande distribution, laquelle veut leur imposer ses règles. D’autant que celle-ci a créé ses propres marques et relègue souvent les autres au fond des rayons. Les petites boutiques et les sites Internet spécialisés bénéficient d’une meilleure crédibilité. Mais la diversité des enseignes, ajoutée à la multiplication des labels, ne peut qu’inciter à un renforcement de l’information.
On attend également une implication plus forte des pouvoirs publics. A défaut de pouvoir généraliser au-delà des frontières un label officiel français « commerce équitable », il a été décidé voilà plusieurs années de créer une commission nationale pour ce secteur d’activité. C’est chose faite depuis quelques mois, et ses premiers travaux devraient aboutir à l’établissement de critères de référence susceptibles de justifier une appellation « commerce équitable ».
Les structures chargées d’attribuer un label aux produits ou services qui répondraient à ces obligations obtiendraient alors des pouvoirs publics un agrément garantissant auprès des consommateurs le sérieux de leur démarche. L’annonce devrait en être faite à l’occasion de la prochaine Quinzaine du commerce équitable, dont diverses manifestations sont prévues du 8 au 23 mai dans toute la France.
[03.05.10]
Romain Hugon
Plate-forme du commerce équitable :
www.commercequitable.org
Les labels : www.flo-cert.net et www.ecocert.com
Des labels pour s’y retrouver
En France, outre les logos des enseignes spécialisées, on trouve également les labels suivants :
Max Havelaar
Le label de cette branche de l’association internationale Flo certifie que les produits ont
été fabriqués dans des conditions de production respectueuses de l’environnement et qu’un
prix minimal est garanti aux producteurs.
Ecocert équitable, solidaire et durable
Ce label signale des produits élaborés selon un cahier des charges qui garantit aux producteurs des prix minimaux, la mise en place d’un fonds social pour les plus fragiles et l’accompagnement des producteurs, et qui impose des pratiques agricoles strictes. La certification bio est exigée.