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Etats généraux de la santé dans les Alpes-de-Haute-Provence
Mobilisation pour sauver l’hôpital
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Le 3 février dernier, plus de 230 citoyens, élus et personnels de santé se sont rassemblés à Sainte-Tulle (Alpes-de-Haute-Provence) à l’appel des collectifs de défense des hôpitaux de Manosque, Digne et Sisteron ainsi que du conseil général pour participer aux premiers états généraux de la santé des Alpes-de-Haute-Provence (et de la région Paca).
« Nous avons souhaité informer la population sur les risques que fait peser la loi « Hôpital, patients, santé et territoires » (Hpst) en matière d’accès aux soins dans nos départements alpins », explique Jean-François Pellarey, président du collectif Pour une réanimation à Manosque.
Un espace d’intervention citoyen qui s’est déroulé en présence de Jean-Louis Bianco, député des Alpes-de-Haute-Provence et président du conseil général, et qui a été marqué par la participation de professionnels de la santé de terrain, comme Christophe Prud’homme, médecin urgentiste, le Pr Bernard Granger, vice-président du Mouvement de défense de l’hôpital public, Jean-Philippe Rainard, chef du service de réanimation du centre hospitalier de Digne, ou encore Michel Anthony, président de la coordination des collectifs de défense de l’hôpital public, sans oublier la présence de la Mutuelle de France 04-05, représentée par Gérard Benoit, son directeur.
Postes et services supprimés
La situation sanitaire des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes a été longuement évoquée : « Il faut que nous puissions disposer de services de chirurgie, de médecine, d’obstétrique, de pédiatrie, de psychiatrie, et bien sûr de maternités, dans chacun de nos départements, a rappelé Jean-François Pellarey. Nous réclamons toujours à Manosque la création de huit lits de réanimation et d’autant de lits de surveillance continue, avec en corollaire le maintien des six lits de Digne. Mais si l’agence régionale de santé (Ars), que nous avons rencontrée le 8 avril, reconnaît qu’il y a effectivement un besoin à Manosque, la bataille est loin d’être gagnée. »
A Sisteron, la situation est problématique à cause des menaces qui pèsent sur la chirurgie et la médecine de l’hôpital. Le bloc opératoire a été fermé l’année dernière, et seule une intense mobilisation de l’Association des usagers pour la défense et l’amélioration de l’hôpital de Sisteron (Audahs) a permis d’éviter la fermeture du laboratoire de l’hôpital. A Digne, 70 postes ont été supprimés, des services disparaissent petit à petit et on évoque une possible fermeture du service de réanimation.
Un nouveau souffle
A l’issue de ces actes, l’engagement a été pris de créer une carte de santé citoyenne départementale qui permette de répondre aux besoins de la population en termes de santé et de prévention (voir « A savoir »). « Partout les hôpitaux sont en voie de démantèlement, dénonce le président du collectif de Manosque, sauf que la population aujourd’hui réagit et s’engage dans une démarche revendicatrice. Les gens veulent être bien soignés et refusent cette logique de désertification médicale. » La tenue des actes a donné sans nul doute un nouveau souffle à ces revendications et le travail de mobilisation et d’élaboration de propositions va se poursuivre au fil des mois.
[01.06.10]
Françoise Essayan-Donadio