Santé et sécurité au travail : la journée mondiale du 28 avril est axée sur les risques émergents
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Le 28 avril, comme chaque année depuis 2003, l’Organisation internationale du travail (Oit) appelle à observer une journée particulière dédiée à la santé et sécurité au travail. Cette journée donne lieu à des initiatives variées, de la part des organisations syndicales surtout, un peu partout dans le monde.
2,2 millions de morts par an
Le travail, de par le monde, est encore à l’origine de deux millions de morts par an, soit un décès toutes les 15 secondes (source Bit, 2009). Avec, bien sûr, des disparités importantes selon les pays ou les continents. Par exemple, en Chine, entre janvier et octobre 2003, les accidents du travail ayant entraîné la mort ont enregistré une augmentation de près de 10% (9,6% exactement), dans l’industrie et les mines de charbon.
Mais, même sans mener à une issue fatale, les organisations de travail sont pointées comme source de troubles « émergents », en tout cas de plus en plus fréquents d’année en année : les troubles musculosquelettiques (déjà répertoriés depuis quelques années mais toujours croissants, malgré les campagnes de prévention), le stress et les risques psychosociaux (plus récents), et déjà, mais moins bien recensés, des risques liés à l’utilisation massive des nanoparticules dans pratiquement tous les secteurs de l’industrie.
Les nouveaux modèles de prévention
Le monde du travail a beaucoup bougé ces dernières années, change encore très vite et les nouvelles formes de travail engendrent de nouveaux risques, de nouvelles manières, aussi, de les appréhender. En Europe, l’Agence européenne de sécurité et santé au travail travaille ainsi de plus en plus à la publication d’études, de recommandations, d’outils de prévention. Eurogip (réseau européen créé par la banche AT-MP de l’Assurance-Maladie) organise de son côté des colloques annuels sur des risques liés au travail, le département santé au travail de l’Institut syndical européen publie lui aussi de nombreux dossiers très documentés et des analyses liés à ces problématiques. Mais l’existence de ces nombreux réseaux ne résout pas ces millions de morts, en partie évitables.
La prévention est souvent en panne (manque de moyens) mais aussi en manque, sans doute, de volonté d’efficacité.
[28.04.10]
Anne-Marie Boulet
Sites à consulter : Organisation internationale du Travail (Oit) et Bureau international du travail (Bit) : www.ilo.org
Agence européenne de sécurité et santé au travail : http://osha.europa.eu/fr
Eurogip : www.eurogip.fr
Département santé-sécurité de l’Institut syndical européen : http://hesa.etui-rehs.org
mais aussi : www.inrs.fr
De nombreuse initiatives
Les initiatives ne manquent pour marquer cette journée. Parmi elles, citons celle du Centre européen de formation à l’amiante et à la sécurité chimique (Cefasc, www.cefasc.eu) qui anime, à Luxembourg, une rencontre sur les travaux amiante (à l’Ifsb). La problématique de la gestion du risque amiante lors des travaux de rénovation et de démolition de bâtiments sera au cœur de cette journée ainsi que les moyens et équipements de protection pour les professionnels du Btp.
En France, les cheminots de la région Paca organisent un colloque sur la souffrance au travail,
avec l’intitulé « Cheminots en souffrance, chiffres et réalité en région Paca ». Organisé par le Comité d’Entreprise de Paca (www.cheminots-sante-travail), ce colloque qui se déroule à Marseille, s’appuie sur une étude réalisée dans la région et rassemble de nombreux spécialistes du travail ainsi que des représentants de la direction de la Sncf. Il est animé par Mathieu Montès, rédacteur en chef de Viva.
Ce 28 avril également, l’association Greenpeace France (www.greenpeace.org) et la Fédération nationale des industries chimiques Cgt (Fnic-Cgt, www.fnic.cgt.fr) rappellent, dans un communiqué commun, l’importance de soutenir une réforme Reach ambitieuse pour mieux réduire les dangers à la source pour des millions de salariés des industries chimiques. Pour cela, les deux organisations interpellent les euro-députés à renouveler leur soutien au principe de substitution.