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Insémination artificielle, don de sperme ou d’ovocytes, autorisation des mères porteuses dans plusieurs pays… Les techniques médicales ont tellement évolué que l’idée est désormais acquise qu’avoir un enfant n’est plus simplement une possibilité mais un droit, auquel on doit pouvoir accéder lorsqu’on le souhaite.
Une nouvelle étape est franchie avec la revendication du droit d’avoir un enfant normal, voire parfait. Grâce à l’amélioration du diagnostic prénatal, on sait repérer les défauts du fœtus, y remédier ou décider une interruption médicale de grossesse.
Avec la connaissance du génome humain et le diagnostic préimplantatoire, on est en mesure d’identifier – et donc d’éliminer – les embryons affligés d’une prédisposition à une maladie grave, mais aussi au cancer du sein, au diabète, à la myopie… Et pourquoi ne pas sélectionner ceux qui présentent des caractéristiques valorisées par la société, comme en Asie, où l’on privilégie les embryons mâles ?
Ces avancées médicales ne peuvent s’entendre sans règles éthiques. A quoi ressemblerait, demain, une société où les droits de chacun seraient générateurs de privilèges liés à l’héritage génétique ? C’est ce que laissent présager les compagnies d’assurances américaines, qui tentent d’exclure de leurs contrats les déshérités du génome ou ceux qui revendiquent le droit de ne pas savoir…
« Amélioration » de l’espèce ?
Dans une société de plus en plus concurrentielle où l’on attend de chacun une productivité toujours plus grande, pas de place pour le handicapé,
le malade, le fragile. On exige que nos enfants soient physiquement beaux, génétiquement conformes.
Ce culte de l’enfant rêvé va-t-il conduire à de nouvelles formes d’eugénisme, ou à tout le moins à des tentatives d’« amélioration » génétique de l’espèce humaine ? Dans ce « meilleur des mondes », la menace n’est-elle pas l’avènement d’une société qui refuse l’altérité, la solidarité ?
Certains chercheurs, comme Jacques Testart, le craignent.
‹3/12/2008
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Anne-Marie Thomazeau