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La valse des milliards engagée depuis le début de la crise financière donne le tournis. Des milliards d’euros pour le système bancaire, des milliards pour l’industrie automobile, des milliards pour compenser la suppression éventuelle de la taxe professionnelle, l’impôt versé par les entreprises.
Et pour la santé ? Rien. Pourtant, ce secteur d’activité a bien besoin d’un soutien qui aurait des répercussions positives.
Il y a urgence pour les assurés. Les obstacles à l’accès aux soins se multiplient. Des millions de personnes se privent de soins essentiels pour leur santé.
En octobre dernier, la publication du baromètre santé du Secours populaire a fait l’effet d’un choc : 39 % des personnes interrogées confiaient avoir déjà différé ou renoncé à certains soins du fait de difficultés financières. La crise que nous traversons aggrave cette situation. Dans les mutuelles, de plus en plus d’adhérents optent pour des contrats moins chers, donc avec des garanties moindres.
Aider la santé, c’est bon pour l’économie et la croissance. 2 millions de personnes travaillent dans ce secteur. Diminuer la dépense publique, c’est porter atteinte à l’emploi et pénaliser les usagers. Une protection sociale réduite, c’est plus de précarité pour les plus démunis et toujours plus d’inégalités sociales. 11 % du produit intérieur brut (Pib) sont consacrés à ce secteur, mais c’est pour le bien-être de tous.
Un plan pour la santé serait enfin un point d’appui pour l’aménagement du territoire. Fermer une maternité ici, transférer une activité hospitalière là, et c’est tout le système qui trinque. Le désert hospitalier entraîne le désert médical. Comment le gouvernement peut-il accuser les médecins libéraux de négliger les régions défavorisées, alors que lui-même dessine des zones entières privées de services publics ?
Un plan de relance pour la santé ? Il y a urgence.
‹2/06/2009
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Didier Berneau