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Pour la première fois depuis la guerre, les enfants d’une génération vivront plus mal que leurs parents. Qu’elle soit issue des banlieues défavorisées ou diplômée de l’enseignement supérieur, la jeunesse ne trouve pas sa place dans la société. Un rapport de 2008 du Conseil d’analyse économique dénonce un « système qui fonctionne comme une machine à exclure les jeunes » à coups de stages ou d’emplois précaires.
Hier, ce sont les vieux qui étaient pauvres. Aujourd’hui, ce sont les jeunes. Selon l’Insee, 10 % des plus de 60 ans, 13,6 % des adultes, et 25 % des moins de 25 ans vivent sous le seuil de pauvreté (fixé à 880 euros par mois). Exclus du revenu de solidarité active (Rsa), ils sont de plus en plus nombreux à pousser la porte des associations pour une aide financière, un logement ou un panier-repas. Les plus chanceux comptent sur la solidarité familiale.
C’est ainsi qu’on infantilise toute une génération. Résultat : alors qu’ils ont la vie devant eux, les 18-25 ans sont la catégorie de population la plus atteinte par la dépression nerveuse, et le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans, après les accidents de la route.
Dans notre pays, les jeunes sont traités soit comme des racailles encagoulées, soit comme des ados attardés et immatures, incapables de trouver un boulot et un logement, et qu’il faut prendre en charge.
Jamais la jeunesse n’est présentée comme une ressource pour l’avenir dans laquelle il faudrait investir. Perdure aussi l’image selon laquelle si les jeunes ne trouvent pas de travail, c’est parce qu’ils ne veulent pas travailler, qu’ils sont peu ou mal formés.
Pourtant, la génération actuelle des 18-25 ans est plus diplômée que ne l’étaient les générations précédentes au même âge. En falsifiant la réalité, notre société ne se défausserait-elle pas à bon compte sur les plus jeunes de son incapacité à leur proposer un avenir décent ?
Une guerre des générations ne risque-t-elle pas d’opposer demain une jeunesse revancharde à ses aînés qui l’auront précarisée ? C’est ce que pense Grégoire Tirot, âgé de trente-deux ans, auteur de la France anti-jeune.
Revendiqué depuis quinze ans par les organisations de jeunesse, un revenu pour les moins de 25 ans permettrait aux jeunes Français de prendre leur envol, de conquérir leur autonomie et de choisir leur avenir. Verra-t-il enfin le jour ?
‹1er/09/2009
<
Anne-Marie Thomazeau
Il y a 8,18 millions de
jeunes de 16 à 25 ans en France.
Ils représentent
12,7 % de la population.
57 % vivent encore
chez leurs parents. L’âge moyen
du départ du foyer familial
est de 21 ans pour les filles,
23 ans pour les garçons.